gvep 85 Vendée - Préhistoire et Archéologie de Vendée

A la découverte des pêcheries
(écluses à poissons)

de l'île de Noirmoutier

Dimanche 18 octobre 2009

Photos et compte-rendu de

Patrice Birocheau

 

 

Passer la souris sur les photos, sans cliquer.

Avec une marée basse à 11 h 42 pour un coefficient de 100, les conditions paraissaient réunies pour pouvoir visiter successivement deux pêcheries, deux écluses à poissons (suivant les différentes appellations) restaurées par deux associations de l'île.
Précisons que l'usage de ces pêcheries étant désormais interdit, celles que nous allons visiter n'ont été restaurées qu'à but pédagogique et ne « pèchent » pas.
Les visites commentées par les acteurs mêmes de ces restaurations étaient déjà un gage de journée passionnante et instructive.
Nous avons eu de plus le plaisir d'être accompagnés par quelques « spécialistes » voisins : des associatifs comme Lucien Joubert, Président d'honneur de 1' « Association de Défense des Écluses à Poissons de l'île de Ré » (A.D.E.P.I.R.) qui a restauré plusieurs pêcheries sur l'île de Ré mais aussi des scientifiques comme Marie-Yvane Daire et Loïc Langouet qui travaillent sur un inventaire des pêcheries de Bretagne.
Un temps superbement ensoleillé fut la «cerise sur le gâteau».

Notre première visite fut pour la pêcherie du Vieil (commune de Noirmoutier-en-l'Île) sous la conduite de Fanny Collier de l'association « Les Pierres Plates » qui a en partie restauré cette pêcherie.

En près de deux heures, nous avons pu faire le tour de cette écluse. Certes, quand on regarde les photos aériennes du site, on peut penser qu'elle n'est pas si grande que cela et qu'on aurait pu aller plus vite.

Oui mais ! Chaque mètre de la structure a été regardé, commenté, discuté, photographié. Et comme les personnes passionnées par l'archéologie sont aussi très souvent intéressées par la géologie, la botanique, la zoologie. . .

Certains d'entre nous ont ainsi découvert le lièvre de mer (Aplysia depilans) et sa ponte en pelote de ficelle.

Sur le plan archéologique et technique, beaucoup ont été surpris par les pertuis, les clayes, les portes, les bouchots, tous ces noms donnés localement à ces passages étroits munis de grilles qui étaient des pièges pour les poissons venus à marée haute et qui ne sont aujourd'hui pour eux que des portes de sortie libre quand la marée baisse.

Sur cette pêcherie du Vieil, les deux pertuis sont prolongés, côté mer, par un « couloir » qui provoque mécaniquement une « aspiration océanique » et doit sans doute contribuer à une baisse accélérée du niveau d'eau à l'intérieur de la structure (le biez) et donc à une récupération plus rapide des poissons prisonniers.
Ce que nous ne savions pas, c'est qu'à la fin de cette visite nous étions attendus par des membres de l'association « Les Pierres Plates » venus avec différentes charcuteries destinées à accompagner le muscadet ou le rosé. Merci à eux.

 

Autres photos

Mode d'emploi des diaporamas

 

Le Vieil

Après cet en-cas, nous avons pris la direction de notre deuxième visite de pêcherie : Le Bon Secours sur la commune de La Guérinière.
Sur ce site, nous fûmes accueillis par M. et Mme Guillard de l'association « Observatoire de l'Estran de l'île de Noirmoutier ».
Ici, le groupe se divisa en deux parce qu'en plus de la pêcherie restaurée, nous avions accès au musée installé dans un blockhaus aménagé.
Cette « Maison des Ecluses » présente l'histoire de la restauration de cette pêcherie du Bon Secours mais aussi les techniques et les engins de pêche à pied, la flore et la faune de l'estran.

Comme on peut le voir sur les photos G.V.E.P. prises par ULM, cette pêcherie paraît complexe puisqu'elle est double.

La plus proche de la plage, celle qui a été restaurée à fin pédagogique est une pêcherie « presque classique » de nos côtes vendéennes. Presque seulement car, dans leur très grande majorité, nos pêcheries vendéennes s'appuient sur des affleurements rocheux.
Cette pêcherie et ses voisines de la plage du Bon Secours, tout comme celles, juste au nord, de la plage de la Cantine, furent édifiées sur des zones sableuses. Elles sont donc entourées d'un muret totalement artificiel, sans appui rocheux naturel.

Cette pêcherie restaurée du Bon Secours montre cinq pertuis groupés : c'est le plus grand nombre que nous ayons eu l'occasion d'observer.

Au passage, les premiers du groupe ont pu constater que ces structures de pêcheries, même désaffectées, offrent encore des possibilités de nourrissage notamment pour des espèces aviaires comme les aigrettes.

Plus en mer mais au contact de cette pêcherie, une seconde structure apparaît sous la forme d'un triple muret effondré. En fait, il s'agit d'une pêcherie adventice en attente de restauration et dont les pierres supérieures ont été écartées à droite et à gauche, ce qui fait que le « muret central » qui semble apparaître sur les photographies est en réalité le « noyau » du muret unique de la pêcherie originelle.

Il était temps de nous « restaurer » nous aussi. Pour notre pique-nique, nous avions deux possibilités : certains ont choisi la dure vie au soleil, assis sur des cailloux dans un vent quasi inexistant, D'autres ont préféré s'installer à de vraies tables, dans le blockhaus voisin de celui qui abrite le musée et dénommé « La Maison des Marins ».

Nous ne pouvions quitter l'île sans visiter le Vieux Château et son architecture du Xlle siècle, ses collections archéologiques (Préhistoire, faïences jersiaises...), ses collections ethnographiques, maritimes et picturales... sans parler des points de vue en parcourant le chemin de ronde. N'oublions pas que Noirmoutier était un « poste avancé » chargé de protéger la côte des attaques maritimes. Des canons présents dans l'enceinte du château évoquent cette fonction.

Cette visite à Noirmoutier réunissait 43 personnes qui toutes ont apprécié cette journée. Avec tout ce que chacun a pu découvrir ou approfondir, on peut dire que ce fut une réussite.

 

La Guérinière