VOYAGE EN AVEYRON

chez les RUTÈNES du 8 au 11 mai 2008

 

Notre archéo-pilote local : Jean-Paul CROS

Nos hôtes aveyronnais :

tous disponibles, passionnés, passionnants, maniant tour à tour, savoir, pédagogie, humour.

C’est un voyage extrêmement riche en découvertes, cultures, émotions, échanges multiples que nous avons tous partagé dans un climat exceptionnel de détente et de bonne humeur.

Comme il est impossible de rédiger un compte-rendu exhaustif et linéaire, voici quelques points forts, souvent très forts.

 

Les musées ont occupé une bonne part de notre temps


Mise en bouche, ce jeudi 8 mai sur le site de la GRAUFESENQUE, au confluent du Tarn et de la Dourbie : entre le 1er siècle avant Jésus Christ et le 2ème après, des ateliers de potiers gallo-romains fabriquaient en nombre de la vaisselle sigillée sur une quinzaine d’hectares (seul un demi a été fouillé !!! ) ainsi des millions de vases ont été répandus sur la Gaule et tout l’empire romain ! Alain VERNHET laisse libre cours à notre imagination : la vénération des dieux de l’Olympe n’est-elle pas encore présente sur les innombrables céramiques rouges, sur les moules et  la vie quotidienne à travers les comptes des potiers gravés sur les assiettes !

Un four pouvant contenir 40 000 poteries, un lieu cultuel consacré à Minerve, des habitations dont celles des esclaves gaulois… ont été mis à jour par A. VERHNET et son équipe. Nous admirons des quantités de vaisselle  dans les réserves du site, mais encore plus au musée de MILLAU, pardon CONDATOMAGUS (ville au confluent ) : mobilier domestique ou funéraire. Et là, en prime, impressionnante rencontre que celle d’un élasmosaure, enfin, de son squelette, long de 4 mètres et âgé de 180 millions d’années (pour les pros : l’Occitanosaurus tournemirensis !) N’oublions pas que dans ce musée tout  un étage est consacré au travail des mégissiers car depuis le XIe siècle, les industries de la peau et du gant ont rythmé la vie industrielle de la région.

 

Le petit musée de l’HOSPITALET DU LARZAC contient des trésors. En bordure de la voie romaine, à LAVAYSSIERE, une nécropole s’étendait au Nord du village antique : 200 tombes ont été fouillées. Reconstituée au musée, celle de SEVERA  (fin du 1er siècle) druidesse ou sorcière aux pouvoirs magiques, a attiré notre attention. En effet, à côté des offrandes funéraires, dont un petit vase à larmes, une curieuse plaque de plomb coupée en deux porte le plus long texte connu en langue gauloise (écriture latine de cette langue), lettre adressée à SEVERA pour modifier les sorts de fécondité qu’elle aurait jetés sur certaines femmes !

 

Que dire des statues menhirs « pieras plantadas » que nous présente Michel MAILLÉ au musée FENAILLE de RODEZ ? Découvertes dans le Rouergue, hors contexte archéologique, identifiées féminines ou masculines, selon leurs attributs, elles laissent libre cours à toutes les suppositions, interrogations des archéologues. Elles gardent leur mystère et sont tout simplement belles.

 

 

Jean-Claude Rivière, médiéviste, anime la découverte des villages anciens

Au sud du département de l’Aveyron, LA COUVERTOIRADE est un joli village, protégé et classé. Bâti au pied du château templier du XIIIe siècle, il est entouré d’une enceinte fortifiée  du XVe datant du temps des hospitaliers ; subsiste également une des plus belles lavognes où viennent se désaltérer les brebis. Promenade sur le chemin de ronde, dans  les ruelles à la découverte des maisons caussenardes abritant parfois des échoppes d’artisanat, souvent couvertes de lauzes, décorées de la cardabelle, symbole du LARZAC, on flâne, on prend son temps…

LE CAYLAR, au bout du monde , dans l’HÉRAULT, est peu connu. Pourtant son église cache un très beau retable du XVe en pierre peinte qui retrace les scènes de la vie de Jésus.Une bonne grimpette à travers les ruines de l’ancien village fortifié, de son donjon, permet d’embrasser  un large paysage sur les CAUSSES… le Mont AIGOUAL…

 

Le petit village de PEYRE, à flanc de falaise, nous offre dans toute sa longueur…
 Le VIADUC DE MILLAU enjambant le TARN. 

      Ses haubans dominent la vallée avec légèreté, élégance et majesté :

 Quelques traces d’habitat et de pacage d’animaux ont été relevées au bas de la pile 3.

Aussi impressionnant de loin que vu du dessous lors de la visite guidée ou du car roulant sur son tablier dessinant une légère courbe opposée au vent ouest dominant.

 

Un petit tour en LOZERE pour gagner les profondeurs de la terre : 
un funiculaire nous descend à plus de 100 mètres à la découverte de l’AVEN ARMAND, grotte féerique (dans laquelle logerait Notre Dame de Paris !) où les effets changeants des éclairages illuminent à tour de rôle les 400 stalagmites de cette «  forêt vierge » , la plus haute atteint 30 mètres ! Un régal pour les yeux !

 

De retour à l’air libre, un autre plongeon mais cette fois dans l’âpreté de la vie caussenarde lors de la visite animée de la FERME ANCIENNE DE HYELAS. Sa construction s’est échelonnée du XVIe au XIXe siècle. Devenue écomusée en 1973, elle rappelle combien la vie était rude : l’électricité n’est arrivée qu’en 1955 et le service d’eau en 1965 (150 km de canalisations pour l’acheminer depuis la rivière la Jonte).

 

 
Une promenade surréaliste nous attendait dans le CHAOS RUINIFORME DU RAJAL DEL GORP 
loin du monde ; des préhistoriques (chalcolithiques surtout) ont apprécié les abris au pied des rochers. Les gaulois avaient eux choisi l’aven central comme sanctuaire pour y déposer des centaines de pièces, des céramiques… L’ombre du petit roi TATINOS  y rôde encore. Et en ce vendredi 9 mai que de bonheur à découvrir de gros bouquets de genêts fleuris, de fines tulipes de Sibérie, orange, à peine ouvertes, des orchidées diverses, des anémones pulsatiles d’un beau bleu pastel…

 

CAUSSE MÉJEAN = 33 000  hectares ou 30 000 brebis ou 400 habitants !!!

Pour pimenter le dépaysement, un détour, pourquoi pas en « petite Mongolie » sur le Causse Méjean où un vaste espace est réservé à l’élevage, en semi-liberté, de chevaux de PRZEWALSKI, destinés à repeupler des zones d’Europe centrale : de beaux chevaux, à la robe orangée, la queue et la crinière noire, observés à la jumelle ! Un brin d’émotion en pensant que leurs lointains cousins ont servi de modèle aux peintres de Lascaux.

 

Comme notre périple nous permet de voyager dans l’espace et dans le temps, arrêtons-nous, à St MARTIN DE PRIS… comme le fit en 1249 RAYMOND VII, dernier comte de TOULOUSE. Malade, il s’arrêta à PRIS et dans l’église rédigea son testament par lequel, il léguait tout le Midi de la France au royaume de France. Il devait mourir peu de temps après à MILLAU. Il reste les contours de l’église du XIe, le narthex du XII-XIVe et surtout une soixantaine de tombes fouillées et datées entre Xe et XVe siècle .

 

Et les mégalithes alors ?   Ils sont très nombreux en Aveyron mais peu ont été fouillés complètement. Les dolmens à couloir ont le plus souvent une seule dalle de couverture, sur une chambre rectangulaire.

 

Et place à l’imprévu, la cerise sur le gâteau, en ce dimanche 11 mai, à MONTROZIER, la visite du musée permet de nous familiariser avec le petit roi TATINOS, le peuple des Rutènes, ses monnaies, son commerce très actif…

Puis , réception dans la cour du château renaissance, ouverte spécialement pour le GVEP !!! Sympathique apéro offert par l’association archéologique de l’AVEYRON, puis avant-dernier pique-nique dans un décor de rêve…

   

Un grand et chaleureux merci à Jean-Paul CROS, notre archéo-guide qui nous a organisé et fait vivre ces quatre jours avec enthousiasme ; merci à ses complices pour avoir su faire partager leur savoir avec simplicité et humour ; merci à Jacques, notre fidèle chauffeur, pour sa gentillesse et sa dextérité ; merci aux organisateurs et aux participants pour leur bonne humeur et ...

RENDEZ-VOUS EN 2009

Geneviève RAFIN et Françoise RAVARD

 

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